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MàJ 26.VII.21

À la sortie du parking, en face du camping municipal, le chemin goudronné cède d'abord la place aux galets d'où émerge un tapis de fleurs blanches, puis devient un sentier en terre battue au milieu des herbes hautes. « Si on veut vraiment découvrir le lieu, il faut être sensitif et déductif », prévient d'emblée Henri Bideau, qui faisait visiter le sentier il y a quelques années.

Le premier massif de fougères recèle déjà un secret. Au milieu, s'y dresse un buisson un peu plus haut, comme pour rappeler la présence d'une chapelle dédiée à Saint-Dominique au début du siècle dernier, entouré d'un cimetière.

Ce n'est pas le seul. Quelques mètres plus loin, après une montée dont émerge un amas de cailloux, deux pierres dressées bordent la gauche du chemin. Elles marquent l'entrée d'une « allée couverte ». La légende raconte qu'il s'agissait du lit d'une sirène, naufrageuse de navires, qui fut tuée par Primaël - l'ange agile -, donnant ainsi son nom au lieu. Plus prosaïque, Henri Bideau précise : « Il s'agit probablement d'un monument funéraire datant du néolithique. »

Depuis 7 000 ans, les hommes occupent la pointe de Primel-Tregastel. « C'était un refuge, mais surtout une position stratégique », explique l'amateur d'histoire local. Pour s'en rendre compte, il suffit de dépasser le premier éperon rocheux, pour se retrouver sur le plateau. Quel meilleur endroit pour surveiller, à l'est, la baie de Lannion, et à l'ouest, l'entrée du port du Diben ? Et même la baie de Morlaix, marquée par les trois clocher de Saint-Pol-en-Léon est visible depuis ce point.

En face, s'agite la mer où naviguent les bateaux qui relient Roscoff à l'île de Batz dont on aperçoit le phare. Vauban ne s'y était pas trompé en installant, au XVIIe siècle, une batterie de canon à l'ouest du plateau, aujourd'hui recouverte par la végétation, mais que l'on devine par l'aplanissement du terrain.

Le gouffre qui sépare le plateau du bout de la pointe peut donner le vertige. « Dans les années 1920, les frères Poupon, hôteliers, y avaient installé un pont pour les touristes », poursuit Henri Bideau. L'emplacement du pont est encore visible si l'on observe la falaise. C'est de là que ceux qui ont le pied sûr peuvent essayer de descendre, à marée basse. Une fois au fond, sur les rochers, on peut trouver un étroit sentier qui monte, raide, jusqu'en haut de l'îlot.

Tout au bout de la pointe, se trouve une pierre d'un rouge intense. Cette couleur témoignerait, selon l'archéologue François Le Gall, de la présence d'un feu qui servait de phare. On imagine sans peine le gardien habiter dans la guérite dont il ne reste que quelques ruines.

De retour sur le plateau, le chemin qui est face au port du Diben amène ensuite à une poudrière creusée dans la roche. Elle  servit à stocker la poudre des carrières de granit, puis les munitions allemandes pendant la seconde guerre mondiale. Aujourd'hui, des rites païens semblent s'y dérouler.

À proximité, une montée empierrée mène à ce qui fut le château des salles. « Si on regarde attentivement le sol, on peut deviner la disposition des pièces », détaille de son oeil expert Henri Bideau. Les remparts reliants chaque piton rocheux ont été abattus au début du XVIIe siècle par les forces royales, après qu'un brigand, Guy Eder de la Fontenelle, en eut pris possession.

Il ne reste alors qu'à suivre le chemin qui ramène dans le bourg, et d'observer les façades de toutes les époques en retournant au camping.

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Du vent, du sable, la mer grondant dans le chaos de la pointe, quelques champs cernés de murs bas : tel devait apparaître Primel-Trégastel dans la deuxième moitié du XIX° siècle. Des fermes, ici et là, ponctuent le paysage : sur la colline de Sainte Barbe, à Rhun Prédou, de part et d'autre de l'enracinement de la pointe, Trégastel Bras et Trégastel Bihan, laquelle apparaîtra sur les futures cartes postales sous le nom de "ferme des rochers".

( http://www.primel.org )


  

Le gouffre ou la crevasse (cliquez)

La pointe de Primel (cliquez)

Le pont sur le gouffre (cliquez)

La pointe de Primel (D'après Baptiste LEFEVRE - Ouest-France - Juillet 2013)